1Daniel Soleil, 2Jacques Heim
1Bureau d'Etudes Techniques / CEM - F-13 560 - Sénas
2Société du Pipeline Sud-Européen
Direction Technique
Zone Industrielle - F-13 270 Fos sur Mer
1Daniel Soleil - 2Jacques Heim
Résumé- L'auteur spécialisé dans la
protection radioélectrique depuis une dizaine d'années
présente une méthode expérimentale de protection
radioélectrique et des solutions concrètes, simples et
efficaces appliquées aussi bien pour
l'Electro-Encéphalographie Hospitalière, que pour la
protection contre la foudre de Centrales EDF et de leurs barrages en
montagne.
En conclusions seront présentés par la Société du Pipeline Sud-Européen les résultats techniques et économiques d'importants travaux de protection contre la foudre et les parasites électriques réalisés avec cette méthode depuis trois ans
Abstract-
The author specialized in the electromagnetical protection since ten
years ago, presents an experimental protection method and concrete
solutions, easy and efficient to use, applied for hospitable EEG
Units, as well as for the lightning protection against EDF Power
Plants and their barrages in mountain.
In conclusions, will be presented by Société du Pipeline Sud-Européen, economic and technical results for important protection works against the lightning and radioelectric interferences, realized with this method since three years ago.
Les équipements modernes utilisent de nombreux
processeurs informatisés, gérant des capteurs
analogiques toujours plus sensibles, et sophistiqués.
Généralement, les signaux sont réputées
corrects si l'amplitude résisiduelle des parasites
n'excède pas quelques % par rapport (Fig 1) au signal
instantané mesuré ou transmis.
Fig. 1- Signal et bruit
Si les techniques d'analyses progressent aussi dans l'extraction des
signaux noyés dans le bruit, elles deviennent alors
remarquables lorsque le bruit est lui-même très
réduit (en
Stéréo-Electro-Encéphalographie par
exemple).
Il arrive que des systèmes extrêmement coûteux
soient inexploitables faute de discernement possible du signal
noyé dans le bruit induit.
II- LES RESEAUX
C'est le nombre important de réseaux,
leurs longueurs et la multitude de leurs imbrications qui rendent une
installation complexe : un Centre Hospitalier, une Centrale EDF en
vallée alimentée par un barrage en montagne etc
Les réseaux concernés par les perturbations
radioélectriques sont aussi bien les câbles
d'énergie, les câbles de transmissions de signal, les
structures et les canalisations métalliques que les
réseaux de Terre, séparés ou non. Outre leurs
fonctions pour lesquelles ils ont été conçus,
ces réseaux propagent généralement aussi les
effets :
Fig. 2- Organisation des corrections CEM
- Des générateurs de parasites électriques
à l'intérieur de l'installation,
- Des décharges atmosphériques de foudre et des
émissions hertziennes venant de l'extérieur.
L'étude de protection (Fig 2) contre les parasites industriels
ou les effets de la foudre débouche sur la mise en place
d'éléments de correction qui ont pour objet :
- Des dérivations pour les effets de la foudre,
- Des dispositifs de durcissement des réseaux face aux
agressions radioélectriques,
- Des dispositifs d'anti-pollution pour les générateurs
de parasites électriques.
Comme dans tout domaine de la pollution, on peut être
tenté de déplacer le problème chez le voisin
moins attentif ou aguerri, avec toutes les conséquences que
cela comporte.
Il arrive que des difficultés apparaissent comme
insurmontables comme par exemple l'exploitation de bancs d'essais
motorisés à vitesse variable de plusieurs MW, au sein
desquels on effectue des mesures physiques à très bas
niveaux (Température, accélérations etc ).
Le principe de base développé
dans cette technique de maîtrise des perturbations
radioélectriques, fait appel à une "Méthode de
Zéro", appellation simple très acceptée par les
électriciens, qui en sont les principaux utilisateurs.
Ce principe radioélectrique encore expérimental permet
de définir l'équipotentialité "parfaite" en
Haute-Fréquences entre systèmes,
"v = zi, non seulement par la vérification ohmmique de z =
0, mais en vérifiant que v = 0".
Pour obtenir ce résultat en HF, l'expérience montre que
i aussi doit être égal à 0, et que z peut
être imparfaite, comme elle l'est dans la
réalité.
"Zéro" signifie ici que des mesures doivent être
effectuées mais que le niveau doit être faible, dans
toute la gamme des féquences envisagées,
généralement de 10 KHz à 10 MHz.
III-1. PRESENCE DES PERTURBATIONS RADIOELECTRIQUES EN
TENSION
De manière expérimentale, les perturbations
radioélectriques se manifestent en tension (Fig 3) entre les
potentiels de référence des circuits dans toutes les
combinaisons 2 à 2 :
* Le châssis ou la masse,
* La prise de Terre lointaine ou immédiate,
* Le Zéro Electronique,
* Le - (ou + Batterie),
* Le Neutre
Fig. 3- La méthode de Zéro impose que v = 0
III-2. PRESENCE DES PERTURBATIONS RADIOELECTRIQUES EN
COURANT
Comme dans le précédent on constate des courants
supplémentaires (Fig 4) qui passent dans les câbles
transportant les :
- Signaux,
- Potentiels de référence.
Fig. 4- La méthode de Zéro impose que i = 0
III-3. LES NIVEAUX PRATIQUES DE TOLERANCE
L'expérience montre que la plupart des procédés
actuels souffrent de l'action de tensions impulsives,
décelables par exemple à l'oscilloscope, dans la gamme
10 KHz - 10 MHz, dont l'amplitude excéderait 5 à 10
Volts entre les potentiels de référence
précédemment décrits ou quelques fractions
d'ampères sur ces mêmes câbles de
référence.
La méthode de Zéro est particulière en ce sens
que l'on doit faire des mesures pour v et i, mais que la mesure doit
donner "Zéro", indépendamment (pour simplifier) des
problèmes d'étalonnage, de précision, de Bande
passante etc
Pratiquement et par expérience industrielle, 0 V signifie
moins de 1 V Crête, et moins de 0,1 A Crête par exemple,
dans la gamme 10 KHz à 10 MHz.
La difficulté dans un système complexe vient de ce que
les circuits sensibles pour un équipement seront
connectés à l'alimentation d'un autre et à la
signalisation d'un troisième etc à l'infini. En outre,
il s'agit de faibles valeurs absolues (le Volt par exemple)
indépendantes des niveaux des puissances manipulées
(plusieurs MVA).
IV - APPLICATION EN ANTIPARASITAGE EN ELECTRO-ENCEPHALOGRAPHIE
CHRU DE RENNES (35)
IV-1. PROBLEMES DE PERTURBATIONS EN
EEG
Dans une situation classique, les mesures EEG sont
perturbées par la présence des tensions parasites (Fig
5) existantes à de multiples endroits :
- entre les électrodes au potentiel du patient et les premiers
étages amplificateurs,
- entre le réseau des sources et le potentiel de Terre local
de l'environnement du patient,
- entre les réseaux de Terre de différentes sources
d'énergie secteur ou produites par la longueur des
câbles etc
Fig. 5.- Mesures EEG sans perturbations
Ces perturbations sont liées entre elles et créent des
courants parasites dans les câbles de données et dans
les impédances de mesure au niveau des électrodes.
Dans le Service d'Epileptologie du Professeur P. Chauvel [1],
nous avons réalisé pour l'essentiel en 1992, une vaste
équipotentialité statique et dynamique entre le
réseau de Terre de fourniture d'énergie et le
réseau local de Terre du patient, ainsi qu'une forte
réduction des champs électromagnétiques
d'ambiance.
L'environnement des sites de mesures étant très peu
perturbé sans contraintes électriques (abolition des
tensions parasites, sans créer de courant de circulation), les
mesures sont alors effectuées dans un minimum de bruit
électrique ambiant.
IV-2. ALIMENTATION
L'alimentation électrique de ce nouveau Service utilise
l'énergie classique de l'Hôpital avec un réseau
normal de 25 KVA Triphasé en 220-380 V, un réseau
secouru de 16 KVA en 220 V et 4 KVA en 110 V Américain, ainsi
qu'un réseau de sécurité par onduleur pour 4 KVA
en 220 V.
A. Filtrage
Cette énergie (Fig 6) n'est utilisée
qu'après un isolement complet et filtrage poussé
à moins de 10 mV crête à l'aide de plusieurs
transformateurs à isolement renforcé, associés
à des condensateurs de filtrage.
B. Régime du Neutre
Le Neutre est à la Terre des masses du
bâtiment pour le réseau ordinaire triphasé qui
alimente les auxiliaires du Service: la climatisation,
l'éclairage etc , les autres sources constituent le
réseau sensible destiné à alimenter l'ensemble
des appareillages électroniques sensibles [2] et ont
leur point milieu connecté à la Terre sensible.
Les circuits amont et aval de l'isolement sont totalement
séparés sur des châssis respectifs.
Fig. 6- Organisation schématique de l'alimentation électrique.
C. Pseudo-isolement
La Terre bâtiment et la Terre sensible constituent
2 réseaux séparés en Haute-fréquence,
interconnectés entre eux à l'aide de plusieurs
inductances "Séparateur de Terre" [3] afin d'assurer
la sécurité des personnes par le fonctionnement des
multiples protections différentielles.
Des barrettes de sectionnement des circuits de Terre permettent
d'effectuer les mesures de contrôle de l'isolement entre les
salles faradisées par rapport aux points communs des
transformateurs et de l'ensemble par rapport à la Terre du
bâtiment.
IV-3.
FARADISATION
A. Champ à prépondérance
magnétique
Le rayonnement en champ magnétique est
éliminé par la propreté des courants circulants
sans discontinuités rapides dans tous les câbles, ainsi
que par la symétrisation soignée [6] de ces
courants.
B. Champ à prépondérance
électrique
L'élimination des champs électriques est
effectuée dans chaque salle faradisée par la
présence de grillages métalliques ordinaires
insérés dans les 6 faces du volume, sol, murs et
parois, plafond et fenêtres. Les différents vitrages de
séparation fonctionnelle sont équipés d'un
écran grillagé réalisé avec les fils
métalliques du verre armé.
La continuité du blindage par les portes a été
réalisée à l'aide de tresses de liaison.
Les sols sont recouverts d'un revêtement anti-statique.
C. Terre patient
Des plots de Terre raccordés au grillage
inséré dans la chape de sol fournissent le potentiel de
référence de l'environnement pour les mesures SEEG.
D. Interconnexion
Des boîtiers spécialisés au
raccordement réunissent les grillages métalliques sol,
plafond, murs etc entre eux et à la Terre Sensible. Cette
disposition permet de déterminer assez aisément la
partie qui pourrait être défaillante.
E. Chambre sourde
Une Chambre Sourde (- 50 dB A) faradisée
également, a demandé la mise au point de la
compatibilité mécanique entre les écrans
métalliques électriques et les écrans
sonores.
F. Plafonds et faux-planchers
L'isolement des plafonds par rapport aux masses
métalliques du bâtiment a été
réalisé par des suspentes antivibratiles
utilisées pour leur caractéristique d'isolement
électrique, ainsi que par des réglettes de finition en
matière plastique.
Le faux plancher de la salle SEEG a été
réalisé par l'assemblage de dalles métalliques
portées sur des supports isolés, tous réunis
entre eux par un câble de Terre.
IV-4. LES EQUIPEMENTS
A. Intrusions
Pour éliminer toute source de potentiel
pollué, nous avons évité la circulation des
canalisations de gaz médicaux dans les salles
faradisées, les raccords d'extrémités seuls y
ont accès.
Il en a été de même pour les radiateurs du
chauffage central des salles faradisées qui ont
été isolés par des manchons séparateurs
situés dans le faux-plafond.
B. Gaîne technique
Nous avons aussi étudié la qualité
des rayonnements [4] générés par les 7
et 9 étage, ainsi que certains consommateurs typiques non
médicaux comme les émetteurs radios et les ascenceurs,
et avons dû blinder d'un caisson en aluminium épais la
gaîne électrique contenant les câbles
d'alimentation inter-étages pour éviter la forte
pollution rayonnée.
C. Détrompage des prises de courant
Les prises de courant sont de couleurs différentes
et équipées de détrompeur afin d'éviter
des erreurs de branchement pour les appareillages sensibles.
D. Sélection des perturbateurs éventuels
Dans les salles faradisées, il a fallu aussi
déparasiter bon nombre d'interrupteurs, éliminer un
gradateur électronique de lumière qui a
été remplacé par un transformateur variable, et
opter pour tout l'éclairage incandescent, non fluorescent.
IV-5. CONCLUSIONS
A. Mesures SEEG
Les premières mesures effectuées ont
donné des résultats appréciables, notamment en
permettant l'élimination des filtres 50-60 Hz et les EEG les
plus performants et sensibles de fractions de mV sont fiables. Elles
présentent des rapports signal / bruit satisfaisants de
plusieurs unités.
B. Qualité de réalisation
La méthode de "Zéro", Zéro courant,
Zéro tension etc a été facilement et bien
comprise par les différentes équipes techniques
concepteurs et exécutants dont il faut souligner le soin
apporté à la réalisation.
Nous mesurons des mV résiduels à certains points clefs
dans l'environnement, alors que les niveaux classiques traditionnels
sans protection atteignent couramment une dizaine de V
crête.
C. Rapport Performances-Coûts
Le délai global de réalisation a
été de 5 mois dont 1 mois consacré à
l'étude des performances du prototype.
Le coût global de réalisation de 5 600 FRF le m2, reste
dans les normes de la technologie de pointe.
Le surcoût supplémentaire de réalisation et la
majoration des délais d'exécution sont chacun d'environ
20 % par rapport à l'exécution d'un ensemble classique,
résultat performant obtenu par l'emploi de matériaux
bon marché et simples à mettre en uvre.
V-1. EFFETS DIRECTS DE LA
FOUDRE
L'effet appelé communément "Primaire" ou
"Direct", est l'arc en courant de caractère thermique
adiabatique reliant des ensembles de potentiels fortement
différents Nuages et Terre. Cet arc prend naissance par des
effets de pointe et il est bien sûr recommandé de
favoriser cet effet à l'aide de leurre comme une tige
Paratonnerre ou une nappe de fils conducteurs reliées à
un bon circuit de Terre pour y acheminer les charges
électriques.
Les sources d'eau et les puits offrent une excellente prise de Terre
pour la décharge des nuages et qu'à choisir entre 2
chemins d'écoulement, la foudre empruntera le moins
impédant.
Lors de la décharge des masses électrisées
"Nuage-Terre", le courant de quelques milliers d'Ampères
à quelques centaines de milliers parcourant l'arc principal en
quelques micro-secondes, va créer des différences de
potentiels (Fig 7) très importantes entre le point d'impact et
d'autres références plus lointaines qui elles,
n'évoluent pas.
Fig. 7- "Remontée" de potentiel
D'autre part, soumises à ces forts courants à fronts
raides, les impédances en chemin peuvent développer des
surtensions et entraîner des amorçages destructeurs.
Enfin, tous ces amorçages peuvent aussi faire office de
déclencheurs pour d'autres amorçages de sources
d'énergie électriques traditionnelles : Secteurs EDF,
Batteries etc Celles-ci se trouveront alors en court-circuit plus ou
moins temporaire.
V-2. LES EFFETS INDIRECTS DE LA FOUDRE
D'autre part le milieu électromagnétique, voisin
de l'arc et des circuits de circulation de son courant, se trouvera
alors être baigné par un Champ
électromagnétique intense avec toutes ses
conséquences de propagation par rayonnement et par conduction.
Les effets "Secondaires" ou "Indirects" ont une nature semblable
à celles des perturbations électromagnétiques
classiques, traitées en milieu industriel ordinaire.
V-3. EFFET "D'ANTENNE RADIO"
L'expérience montre que les lignes aériennes
téléphoniques ou EDF et les ensembles
métalliques se comportent comme des antennes de radio et que
le courant HF reçu par "l'antenne" s'écoule dans son
contrepoids électrique qu'est le circuit de Terre.
La conséquence la plus fâcheuse est qu'il n'est pas rare
de mesurer des tensions importantes de HF de radiodiffusion par
exemple dans la gamme 100 KHz à quelques MHz, au loin dans un
câblage. Ces tensions importantes peuvent se faire
démoduler et créer bien des anomalies etc
Il est aisé de comprendre que détecter des
émissions radio à l'intérieur des circuits d'un
automate, équivaut à recevoir aussi les effets
électro-magnétiques directs et indirects de la
foudre.
Atténuer ces tensions équivaut à atténuer
les effets de la foudre, on peut dire dans le même rapport. Le
résultat va être connu immédiatement, il ne sera
pas nécessaire d'attendre les prochains orages pour être
rassuré sur l'efficacité des protections mises en
place.
V-4. INTERET DE LA METHODE DE ZERO
Le handicap apparent du caractère non permanent de la foudre
ressemble lui aussi au handicap subi lorsque l'on étudie une
pollution radioélectrique dont la manifestation est d'origine
aléatoire. Comme pour cette pollution électrique, on
constate par expérience qu'on peut alors :
- Simuler par des générateurs permanents
extérieurs des sources de perturbations,
- Utiliser les perturbations ambiantes pour appréhender les
mécanismes en présence.
Ce dernier point suffit très souvent pour obtenir de bons
résultats. Le recours à la simulation ne semble
nécessaire que lorsqu'il n'y a aucune perturbation,
présente ou utilisable, ce qui est exceptionnel (!).
V-5. REMARQUE PARTICULIERE
On remarquera qu'il est illusoire de tenter de "durcir" une
installation complexe pour la rendre insensible aux agressions de la
foudre, s'il est plus simple d'écouler les fortes
énergies ailleurs que dans cette installation
elle-même.
La conséquence immédiate est qu'il faut éviter
à tout prix d'utiliser directement le réseau
maillé pour écouler des charges de foudre, ce qui va
à l'encontre de bien des concepts standard des règles
de l'Art actuel.
VI-1. INGENIERIE POUR LA PROTECTION
RADIOELECTRIQUE CONTRE LA FOUDRE
La protection radioélectrique contre la foudre, ne
diffère pas fondamentalement de la protection
"Mécanique" ou de la protection "Electronique" car elle
utilise évidemment la normalisation et les composants en
vigueur.
La distinction profonde se présente dans la mise en uvre des
protections qui ne se fait plus sur plans ou photographies, c'est
à dire en aveugle dans le domaine HF.
La protection radioélectrique ne peut se concevoir
qu'après une étude spécifique utilisant des
mesures physiques du domaine de la CEM.
Fig. 8- Mesures de tension HF entre Terre et Phases
La Méthode de Zéro" y donne des résultats
rapides et très satisfaisants dans les systèmes
complexes.
Des dispositions originales reposant sur des bases de
l'électromagnétisme vont permettrent (Fig 8)
aisément de ramener des niveaux de réception radio de 5
V à moins de 5 mV, ce qui présume qu'un impact
destructeur de 100 KV de la foudre, sera ramené à moins
de 100 V qui seront tolérés.
La méthode originale ici présentée s'appuie pour
l'essentiel sur les techniques HF ordinaires, et met en uvre les
dispositifs classiques de la protection : transformateurs
d'isolement, parasurtenseurs etc et en outre des nouveaux composants
dont la technologie est adaptée à cette approche
particulière.
- Séparateur de Terre (TER): Leur mission sera de
laisser se développer des tensions radio-foudre dans des zones
bien particulières.
- Inductance de choc (INDC): De mission semblable, elle est
destinée à séparer artificiellement des
interfaces de transmission de signaux ou de données,
- Filtre Amortisseur d'Ondes (FAO): Associé à
des transformateurs d'isolement en MT, BT etc , il a pour mission
d'abaisser fortement l'impédance des sources en HF
(Régime du neutre impédant, sources flottantes etc
).
-Mesures des grandeurs radioélectriques: On
peut utiliser un oscilloscope, ou d'autres appareillages [5]
spécialisés.
VI-2. IMPLANTATION DE POINTE PARATONNERRE
A. Paratonnerre
Il constitue un leurre pour la foudre en créant
volontairement un champ électrique élevé sur
l'extrémité d'une tige appelée paratonnerre ou
une nappe de fils conducteurs. Il sera disposé en
lisière d'un bâtiment et non au centre pour
éviter de polluer le réseau maillé central de
Terre. Son implantation est régie par la méthode des
sphères fictives (Arrêté du 28 Janvier 1993) pour
les sites classés.
Ce paratonnerre sera relié à un circuit de Terre foudre
avec des connexions courtes, peu résistantes et
normalisées.
Fig. 9- Isolement fictif d'un paratonnerre
Ce paratonnerre sera ensuite raccordé (Fig 9) au réseau
général de Terre, au travers d'un Séparateur de
Terre TER.
B. Prise de Terre "Foudre"
Il faut strictement éviter d'utiliser le
réseau maillé sur lequel évolue le
système sensible (Informatique, Standard
téléphonique etc ) comme prise de Terre.
Le calcul et l'expérience montre qu'une plaque enfouie dans un
mauvais sol résistif présente une capacité de
couplage satisfaisante pour les fronts raides
développés par la Foudre, ceci à défaut
de résistance de Terre basse obtenue à l'aide de
piquets enfoncés. En pratique 2 plaques de 1 m2 assurent la
redondance nécessaire.
Il est rare d'avoir à poser des piquets supplémentaires
pour obtenir moins des 10 normalisés.
VI-3. TRANSFORMATEUR D'ISOLEMENT
A. Régime de Neutre
Les mesures radioélectriques montrent rapidement
que seul le régime de Neutre TNS est idéal pour les
applications sensibles pour les raisons suivantes :
- Absence de courant dans le circuit de Terre (défaut du TNC
où Neutre et Terre sont confondus, TT où il peut y
avoir une tension HF crée par d'autres utilisateurs )
- Impédance de source très basse (défaut du
régime IT, isolé ou impédant qui propage tout
générateur de perturbations interconnecté ).
En conséquence, lorsqu'il y aura nécessité de
changer de régime de Neutre pour îloter une zone
sensible, le transformateur d'isolement s'imposera.
B. Transformateur d'isolement
On va utiliser leur caractéristique d'isolement
galvanique pour îloter un sous-ensemble par rapport à un
circuit agresseur dont il faudra minimiser le champ d'action.
L'ennemi en régime transitoire étant la capacité
répartie du primaire (généralement l'agresseur)
par rapport à la carcasse et au reste du transformateur, on
évitera l'usage d'écrans électrostatiques qui
augmentent les valeurs de capacités réparties de
couplage, et on imposera plutôt une couche d'air d'isolement
sur les bobinages concernés.
Il sera souvent suivi de Condensateurs de rattrapage de Cos Ø
pour surtout abaisser l'impédance de source en HF.
VI-3. EXEMPLE DE PROTECTION POUR ARRIVEE AERIENNE D'ENERGIE EN
MT
Fig. 10- Corrections MT-BT
Par rapport à une installation classique raccordée sur
un réseau de Terre totalement maillé, on distingue (Fig
10) les dispositions suivantes :
- Création d'une Terre séparée MT pour la masse
du Transformateur d'entrée et celle des parasurtenseurs
MT.
Cette Terre pour être efficace doit être très
près du Transformateur et équipée de plaques
pour évacuer les courants HF.
- Pose d'un Séparateur de Terre et d'un FAO T pour
îloter la source Secteur et respecter la
sécurité.
- Pose d'un jeu de parasurtenseurs BT qui peut être
remplacé par la simple cellule Cardew sur le Neutre.
- Pose d'un jeu de condensateurs de rattrapage Cos ø, fraction
de la puissance du Transformateur, en Etoile, pour abaisser
l'impédance de source.
- Interconnexions multiples de la Terre BT aux masses
métalliques enterrées pour créer le
réseau maillé BT efficace.
Le rôle du Séparateur de Terre est d'isoler
l'installation BT des fronts raides de courant et de décharger
l'énergie beaucoup plus lentement dans l'effet de
résistance du réseau maillé BT, sans y
créer de choc électrique conséquent.
VI-4. PROTECTION DES TRANSMISSIONS DE DONNEES
Une inductance de choc devient indispensable dans la transmission
(Fig 11) de signaux, lorsque la distance entre les
éléments est très importante ou-et que l'on se
trouve en milieux fortement parasités et/ou
foudroyés.
Plusieurs types ont dû être développés en
fonction du nombre de fils à protéger et la
sévérité de la protection. Celle-ci va
jusqu'à accepter plus de 10 KV transitoires entre les
entrées et les sorties.
Fig. 11- Corrections en transmissions 2 fils
Le système sensible reste équipé de ses
parasurtenseurs habituels.
VI-5. BLINDES
Les blindés ne se raccordent à la Terre qu'en un seul
point, contre-poids HF, au voisinage du système sensible, pas
à son interface, pour obtenir i = 0.
VII-1. PRESENTATION SCHEMATIQUE DE LA
SOCIETE SPSE
Le Pipeline Sud-Européen est l'un des principaux transporteur
qui ravitaille en pétrole brut des raffineries situées
sur un axe Fos sur Mer - Strasbourg - Karlsruhe (Allemagne) soit 770
km.
Il comprend :
- un parc de stockage d'une capacité de 2 260 000 m3
situé à Fos sur Mer - 13
- des stations de pompage
- des installations de réception ou terminaux de livraison
- 2 canalisations principales [24''(0,61 m) Fos - ELF Feyzin, et
40''(1,02 m) Fos - Karlsruhe]
Les pipelines sont dotés de vannes de sectionnement
implantées tout au long du parcours dans les zones sensibles
(franchissement de cours d'eau, nappes phréatiques...), afin
de limiter au maximum la pollution lors de fuite de pétrole
accidentelle.
L'ensemble des opérations de man uvres de vannes, conduite des
stations de pompage, déchargement de navires, est
télésupervisé par un dispatching situé
dans le parc de stockage de Fos sur Mer.
VII-2. ETUDE DE PROTECTION CONTRE LA FOUDRE
En 1991 devant le nombre élevé d'interventions sur les
vannes de sectionnement situées en rase campagne, nous nous
proposions d'expertiser quelques sites à titre
expérimental.
Ces vannes restaient souvent indisponibles pendant les temps
d'intervention fragilisant ainsi notre ouvrage.
Une étude a donc été décidée avec
la Méthode de Zéro expérimentale, à
partir des références concrètes
déjà obtenues dans d'autres sites importants, portant
sur 3 vannes de sectionnement dénommées VL1, VL2, VL4,
les plus foudroyées et situées dans le sud de la
France.
VII-3. PRINCIPAUX DEGATS FREQUENTS SUR LES VANNES AVANT
EXPERTISE
Les principaux dégâts et défauts
réplétifs que nous avons pu lister sont les suivants
:
- défaillance des cartes de l'équipement
télétransmission.
- défaillance des automatismes et reliage interface.
- les blocages répétitifs des unités centrales
des équipements de télétransmission.
VII-4. ANALYSE DES RESULTATS OBTENUS SUR LES VANNES
Nous utiliserons la terminologie suivante :
- Frais engagés : ce sont les frais de main d' uvre
et de remplacement du matériel. Les frais liés aux
pertes d'exploitation ne sont pas pris en compte .
- Investissements : dépenses réelles d'un
nouvel équipement
- Amortissement = Investissement / Frais engagés
Les frais liés aux dégâts causés par la
foudre ont été comptabilisés sur 2 ans (1990 et
1991). Le tableau suivant récapitule les résultats
économiques étudiés. La somme des frais
représente 129 960 FRF.
Le graphique ci-dessous (Fig 12) représente l'évolution
des frais liés aux dégâts causés par la
foudre pour les 3 vannes.
Fig. 12- Evolution des frais "Vannes de Ligne"
L'année 1992 a pourtant
été particulièrement foudroyée. Tout le
monde se souvient certainement des crues de Vaison la Romaine (22
septembre 1992).
L'investissement des protections qui est à hauteur de 93 000
FRF est amorti en 0,65 an soit environ 8 mois.
Par ailleurs après 1993 des frais résiduels subsistent
(environ 1 500 FRF/an pour 3 vannes), ils correspondent aux frais de
déplacement du personnel d'astreinte afin de vérifier
les manques d'alimentation qui peuvent être d'ordre EDF ou
provenir de la disjonction des protections d'arrivée
côté SPSE. Les automatismes futurs résoudront
probablement ce problème.
Devant des résultats aussi satisfaisants, nous avons
décidé d'étendre sans tarder ces expertises au
dispatching.
VII-5. PRINCIPAUX DEGATS FREQUENTS AU DISPATCHING AVANT
EXPERTISE
Les principaux dégâts se situent sur les
équipements suivants :
- cartes d'entrées des calculateurs PDP
- interface de communication et de télésupervision
- système de gestion des réservoirs
- automatismes divers
- réseau de communication par câble coaxial....
VII-6. ANALYSE DES RESULTATS OBTENUS AU DISPATCHING
Le dispatching a donc été expertisé dès
1992. Les travaux ont été réalisés au
cours du 1er trimestre 1993. Le tableau suivant récapitule les
résultats économiques étudiés. La somme
des frais représente 182 000 FRF.
Excepté pour 1992, les frais se
situent entre 35 000 et 50 000 FRF/an.
Pour un investissement total de 182 000 FRF, l'amortissement est de
2,14 ans soit environ 25 mois.
Fig. 13- Evolution des frais "Dispatching"
Le graphique ci-avant (Fig 13)
représente l'évolution des frais liés aux
dégâts causés par la foudre pour le
dispatching.
L'amortissement pour le dispatching n'est pas aussi spectaculaire que
pour les vannes mais il est néanmoins acceptable.
En effet les valeurs prises en compte pour les calculs se limitent
aux frais engagés sur 3 ans (1990, 1991, 1992). Ils sont par
conséquents très pessimistes.
VII-7. CONCLUSION SPSE
Ces résultats encourageants ont été
confirmés aussi en 1994, ils entraîneront
vraisemblablement des économies substantielles. La
société SPSE a par conséquent
décidé d'étendre ces protections à
l'ensemble des sites sensibles.
Les différentes installations traitées contre les
agressions d'origine atmosphérique resteront bien entendu sous
surveillance afin d'établir un bilan définif.
Nous n'avons pas défini à ce jour l'incidence sur la
réduction de la prime d'assurance. Elle peut être
également la source d'économies
supplémentaires.
VIII - CONCLUSIONS GENERALES
Dans les conditions définies par la
Méthode de "Zéro", on constate qu'il est possible
d'exploiter avec sécurité des équipements
sensibles dans des milieux très fortement pollués,
largement hors normes, comme dans de vastes sites
équipés de Convertisseurs de Fréquences,
Onduleurs, Générateurs HF, agressés par la
foudre
Autour d'un système sensible, les opérations de
corrections se déroulent selon 3 axes :
- Le durcissement des réseaux courants forts et courants
faibles pour éviter la capture et la prolifération des
perturnations radioélectriques,
- La dérivation à l'extérieur du système
des décharges atmosphériques,
- L'îlotage à la source des perturbateurs
industriels.
On remarquera que les équipements sensibles par
eux-mêmes ne sont que rarement corrigés, ceci restant du
domaine [6] du constructeur et du Normalisateur.
L'intérêt des mesures spécifiques à cette
approche est de quantifier immédiatement les progrès
accomplis avec les corrections installées, et on sait sans
tâtonnements ni essais si l'efficacité escomptée
sera au rendez-vous pendant les époques de perturbations,
qu'il s'agisse de l'antiparasitage ou de la protection contre la
foudre, ou des deux agressions.
Elle permet de garantir un résultat sur la protection
antiparasite et/ou contre la foudre avec une certaine assurance
théorique que la pratique jusqu'à présent a
vérifié. Cette caractéristique devrait
intéresser la protection des sites classés à
risques.
On constate aussi dans l'application des corrections si l'on n'a pas
déplacé le problème "chez le voisin" subitement
inquiété par une arrivée massive de
perturbations encore invisibles jusque là.
Les récepteurs sensibles dans cette approche ne sont
concernés que par leur propre immunité aux parasites
électriques, indépendante du niveau d'agression de
l'environnement réel d'exploitation.
Cette méthode s'est avérée efficace,
économique, rapide, simple à comprendre et à
appliquer dans de nombreux domaines très différents,
essentiellement par les électriciens des bâtiments et
des Services Travaux.
Elle pourrait déboucher sur de nouvelles techniques
d'ingéniérie comme des appareillages de mesure, des
composants de protection, des règles de conception
Fruit de la Recherche financée par la DRET et le MRT à
partir des années 1985, elle est encore à l'état
embryonnaire et de nombreuses impasses sont encore à justifier
et à travailler.
Les informations ici présentées ne sont que des
synthèses indicatives partielles qui n'engagent pas les
auteurs pour des utilisations quelconques.
Quelques sites expérimentés en
antiparasitage ou/et en protection contre la foudre, avec des
résultats très positifs par la "Méthode de
Zéro" :
EDF Hydraulique et Nucléaire, GDF, Pipeline,
Pétrochimie, Métro-VAL, CHRU, Usines robotisées,
Complexes industriels, Laboratoires de Mesures civils et militaires,
Centres Informatiques Ministériels,
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
[1] D. Soleil J-M Badier & M. Lemesle. "Zéro
solution for shielding and electrical protection in a unit for
electroencelographic recording." IEEE Paris - Oct 1992
, "n 92 CH 3207-8 pp 1 134 & 1 135.
[2] E. Montandon "Influence de la mise à la terre et
du câblage pour la CEM" Compatibilité
Electromagnétique - Presses Polytechniques Romandes , 2
Edition 1985, pp 315 to 323.
[3] SARE Sa - Hercule, Rue de l'Industrie - 98 000 - Monaco
"Séparateurs de Terre, Filtres Amortisseurs d'Ondes, nouveaux
composants d'antiparasitage et protection foudre".
[4] V. Gobin & G. Labaune. "Calcul et mesure de
l'efficacité de blindage des matériaux
composites." Ann. Télécomun., 43 , n 11-12
- 1988.
[5] D. Soleil "Surveillance permanente des "Parasites" d'un
réseau",
SEE-DRET L'électronique de puissance du futur - Bordeaux
Juin-1988
[6] F. Vaillant. "La Compatibilité
Electromagnétique", Cahier technique Merlin-Gérin
n 149 - 1991.
Communication présentée
le 21 Juin 1995 à Grenoble pour la journée CEM,
organisée par la SEE Alpes-Dauphiné.
Coordonnées pour informations :
SPSE
Tél : 04 42 47 78 78- Fax : 04 42 05 22 16